Phobos (tome 02)
Un roman en apesanteur

Phobos 2 Victor Dixen Collection R

J’avais beaucoup aimé Phobos qui marquait le retour de la SF en littérature de jeunesse. Aussi, il me tardait d’en lire la suite. Hélas, même si j’ai globalement apprécié la lecture de Phobos 2, le coup de cœur ne s’est pas poursuivi…

On retrouve nos pionniers de Mars là où on les avait laissés : en plein dilemme et en possession du rapport Noé. Léonor et ses amis s’interrogent : faut-il descendre sur Mars ou faire demi-tour ? Doivent-ils mettre le public au courant de la non viabilité des nids d’amour et s’attirer les foudres de Serena McBee, ou bien faire confiance à la présentatrice du programme en les laissant dans l’ignorance ? Un à un, ils votent et décident de leur sort…

Si Phobos était axé conquête spatiale (et conjugale), Phobos 2 approfondit des sujets tels que la confiance, la communication et la manipulation des foules : un peu comme dans un Hunger Games spatial, Victor Dixen dépeint avec brio les sombres machinations qui ont lieu dans les coulisses du programme Genesis. On peut également y trouver un petit côté Starship Troopers, dans les coupures publicités et la propagande qui s’y cache.

Pourtant, Phobos 2 souffre de quelques défauts. Tout d’abord, le morcellement de l’action en une multitude de points de vue étire le suspense de façon artificielle : les coupes ralentissent l’intrigue et lui confèrent une certaine lourdeur. Heureusement, une fois passé le premier tiers du roman, cette lourdeur tend à s’estomper. À noter qu’à contrario, certaines scènes m’ont donné la chair de poule et m’ont donné envie voyager parmi les étoiles…

Et même si Victor Dixen sait parfaitement gérer son suspense, trop de suspense tue le suspense ! L’intrigue de Phobos 2 repose presque uniquement sur des effets d'attente et les lecteurs se retrouvent tels les spectateurs du programme Genesis : suspendus à leur roman, redoutant la suite.

Enfin, concernant la révélation finale, elle était tellement précipitée et inattendue que je ne sais qu’en penser : était-ce une bonne ou une mauvaise façon de conclure ce deuxième tome ? Je compte sur le troisième tome pour développer davantage LA révélation qu’on nous a balancé dans les deux dernières pages, sans préambule, mais si c’est un prétexte pour axer l’intrigue sur la romance, je crois que j’irai moi-même sur Mars pour donner des claques à Léonor.

Phobos 2 a donc été une lecture en demi-teinte, un tome de transition que j’ai aimé lire malgré ses défauts : Phobos 2, c’est certes une gestion du suspense artificielle et une narration parfois un peu inégale mais c’est également un tome qui m’a étonné, avec des personnages au caractère bien campé et un univers SF plaisant. Et avec sa fin en cliffhanger, impossible de ne pas avoir envie de lire la suite… Bien joué, Victor Dixen, vous êtes parvenu à me ferrer. Néanmoins, j’espère que la suite sera à la hauteur de mes attentes et que ce n’est pas juste un effet de style à la Serena McBee destiné à me faire acheter Phobos 3

Phobos 2 ~ Victor Dixen
Collection R (novembre 2015), 496 pages, 17€90