L’année Solitaire
"Si c’est tellement cliché, c’est parce que ça existe pour de vrai"

L'année solitaire de Alice Oseman Nathan jeunesse très bon roman

Tori va au lycée, traîne avec ses amis, elle tient un blog, déteste beaucoup de choses mais parle peu. Bref, Tori est une adolescente comme les autres. Le jour de la rentrée pourtant, tout change : Tori retrouve un ami d’enfance, fait la connaissance de l’excentrique Michael… Et puis il y a Solitaire, une organisation qui trouble la monotonie du quotidien avec ses canulars. Cette année, Tori ne sera peut être plus aussi solitaire…

Dès les premières pages, j’ai su que L’année Solitaire allait me plaire : le roman s’ouvre sur un débat concernant les couples dans Harry Potter. Il est question de Snily (Snape X Lily) et de Drarry (Draco X Harry). Un débat enflammé sur un univers que j’adore, du vocabulaire de fanfiction, L’année Solitaire commençait sous les meilleures augures possibles. Sans être cantonné à un roman pour fangirl, L’année Solitaire fourmille de références à la pop culture : Mario Kart, Benedict Cumberbatch, Doctor Who et j’en passe, toute une génération pourra se reconnaître en lisant ces noms. Les références sont bien amenées : on sent bien que l’auteure maîtrise ces sujets et les insère de façon naturelle au récit.

Et si le comportement de Tori pourra dérouter certains lecteurs, les personnages créés par Alice Oseman sont plausibles et attachants. J’ai eu un énorme coup de cœur pour Michael, ce lycéen excentrique qui met beaucoup de fantaisie dans la vie de Tori. Leurs échanges sont adorables, drôles, un soupçon geek. En un mot : irrésistibles.

Du haut de ses dix-huit ans, Alice Oseman possède déjà une très jolie plume. Son style pourrait s’apparenter à celui de John Green tant il est épidermique. En effet, L’année Solitaire est un roman qui met les nerfs à fleur de peau, à lire avant tout pour les émotions qu’il dégage - mais un peu moins pour son intrigue : la seconde partie se fait un peu plus fouillie et il manque clairement un fil rouge à l’intrigue (l’organisation Solitaire sert de prétexte et Alice Oseman en parle finalement assez peu).

Pour autant, malgré quelques maladresses, L’année Solitaire est un bon premier roman, un roman dont il émane une sincérité touchante. Dans la lignée d’un Qui es-tu Alaska ?, du Monde de Charlie ou en manga de X Day, L’année Solitaire est à conseiller aux amoureux des récits initiatiques qui dépeignent l’adolescence avec justesse. Croyez-moi, Alice Oseman est une auteure à suivre de très près ! Pour ma part, je serais au rendez-vous pour son prochain roman : Radio Silence, prévu en VO pour 2016.

 

Mille mercis à Alittlematterwhatever pour m’avoir fait découvrir ce petit coup de cœur de roman (sa chronique est à lire ICI).

L'année Solitaire ~ Alice Oseman
Nathan jeunesse (mai 2015), 416 pages, 16€90