Radio Silence
Antidote à stéréotypes !

Radio Silence Alice Oseman Simon Schuster Nathan

Toute la vie de Frances tourne autour des études. Son but : intégrer une université prestigieuse. Mais quand elle rencontre Aled, le créateur de Universe City, son podcast favori, c’est tout l’univers de Frances qui se trouve remis en question. Avec Aled, Frances peut se montrer telle qu’elle est vraiment, sans se cacher. Mais Aled et Frances ont tous deux des secrets qui, une fois révélés, remettront en question cette belle amitié naissante… Pour trouver le bonheur, Frances parviendra-t-elle à affronter ses peurs ?

Le premier roman de Alice Oseman (L’année Solitaire) m’avait fait forte impression lors de sa sortie. Aussi, curieuse de voir ce que la prochaine œuvre de l’auteure allait donner, j’ai lu Radio Silence en VO… et autant vous dire que je n’ai pas été déçue !

Attention : ce roman n’est pas une romance. Je répète : ce roman n’est pas une romance. Dans Radio Silence, il est avant tout question d’amitié. Frances et Aled forment un duo qui sonne juste. Leur relation gravite autour de la pop culture et de leur attachement mutuel à Universe City… et bon sang, qu’est-ce que ça fait du bien de voir une héroïne parler à un garçon sans tension sexuelle sous-jacente ! Autre relation dépeinte avec justesse : celle entre Frances et sa mère. L’auteure évite le sempiternel cliché des parents diabolisés ou à côté de la plaque : ici, la mère de Frances est drôle et complice avec sa fille.

Créativité, réseaux sociaux, succès, haters, tumblr, podcasts, fanarts… Alice Oseman aborde des sujets qu’elle maîtrise, parle de ce qu’elle connaît ce qui rend son univers encore plus crédible. On retrouve également des références à Batman, Doctor Who, High School Musical, qui ancrent le récit dans un cadre contemporain et permettent aux lecteurs de se projeter dans l'histoire. Mais derrière ces sujets qui pourront paraître légers à certains se cachent des interrogations plus graves. Radio Silence parle avant tout de l’acceptation de soi et encourage les lecteurs à se détacher du regard des autres pour vivre pleinement leurs vies.

Radio Silence est une bouffée de fraîcheur, un roman dans la lignée de la série SKINS qui dépeint l’adolescence sans caricature. Si L’année Solitaire manquait de structure et d’enjeux, Radio Silence est quant à lui une belle réussite : un roman à recommander aux lecteurs qui se lassent des Young Adults pétris de clichés. Et en attendant la sortie de ce titre en français (il le faut !!!), je vais découvrir les podcasts de Welcome to Vale Night, dont Alice Oseman avoue s’être inspirée pour le concept de Universe City.

Radio Silence ~ Alice Oseman
Harper Collins (février 2016), 400 pages, 7£99