L’odalisque & l’éléphant
conte, orient & hommages

L'Odalisque et l'élephant de Pauline Alphen Hachette Black Moon

Vous aimez l’orient et les belles histoires ? Avec Pauline Alphen et Charlotte Gastaut, plongez au cœur des mille et une nuits !

Leila a 7 ans. Toute petite odalisque, elle glisse sur ses babouches dans les couloirs ailés du palais. Elle rencontre le Sultan. Il tombe amoureux. Paf ! Tomber amoureux d’une odalisque minuscule à cause de ses oreilles, cela vous semble surprenant ? Leila a 15 ans. Le Sultan reçoit un cadeau. Le plus énorme, le plus puissant, le plus sage, le plus courageux, le plus rond, le plus rare de tous les cadeaux. Leïla tombe amoureuse du cadeau du Sultan. Cela vous paraît troublant ? Ce livre va vous raconter des histoires impossibles, des histoires dont vous avez rêvé, des histoires que vous avez oubliées. Il rend toutes les histoires d’amour impossibles, possibles !

On reconnaîtrait entre mille le style de Pauline Alphen : ce goût pour les énumérations, les gradations… cette richesse de la langue et des références ! Sa plume nous transporte dans un passé idéalisé, onirique et enchanteur. Mais ce qui marque, dans L’odalisque et l’éléphant, c’est avant tout l’hommage que fait l’auteur à la littérature, au théâtre, et même au cinéma. On y trouve énormément de références à d’autres œuvres. C’est l’intertextualité. Deux amoureux et un balcon ? Roméo & Juliette. Un garçon qui rêve d’atteindre le Soleil ? Icare ! Aussi, pour apprécier pleinement ce roman, mieux vaut être doté d’un solide bagage culturel, vu que les références ne sont explicites qu’à la toute fin. Sans cela, on peut se demander où l'auteur veut en venir.

Les personnages sont quant à eux très drôles, ce qui fait qu’on s’y attache presque immédiatement. Mais surtout, ils sont originaux ! Je pense tout particulièrement à Hati, l’éléphant blanc. C’est toujours compliqué de rendre un animal humain et Pauline Alphen a réussi cette gageure avec brio.

L'odalisque & l'éléphant Charlotte Gastaut Hati Hachette jeunesse

Mais L’odalisque et l’éléphant ne serait pas le même sans les illustrations de Charlotte Gastaut. Tout simplement magnifiques, elles subliment le texte de Pauline Alphen et lui donnent une touche encore plus orientale. Colorées et dorées avec finesse, ses planches sont un véritable régal pour l’œil. C’est presque dommage qu’il n’y en ait pas plus ! Charlotte Gastaut est la révélation de ce roman ; une dessinatrice de talent que je vais suivre à l’avenir.

Dans ce très joli roman qui rappelle les mille et unes nuits, Pauline Alphen est la conteuse Shéhérazade, et vous l'écouterez, incapable de dormir, avide de connaître le dénouement… Seule légère nuance à tout ce positif : le niveau de langue et les références à d’autres œuvres me semblent parfois un peu trop élevés pour un lectorat de douze ans. L’odalisque et l’éléphant reste cependant une ode à la littérature et à la culture, une lettre d’amour, un hommage, adressé aux conteurs du passé.

 

L'odalisque et l'éléphant extrait Hachette jeunesse

L'odalisque & l'éléphant ~ Pauline Alphen & Charlotte Gastaut
Hachette Jeunesse (mars 2014), 192 pages, 15€90