La sorcière de Prince Island
Naufrage d'une intrigue...

La sorcière de Prince Island de Kendall Kulper Black Moon Hachette fantastique

Avery Roe se destine à devenir la sorcière de Prince Island. Bientôt, elle remplacera sa grand-mère. Ce sera à elle de protéger l’île et ses habitants. Sauf que sa mère refuse de la voir endosser ce rôle et la garde captive, loin de son destin. Tout change le soir où Avery fait un rêve qui lui annonce sa propre mort… Plus que jamais, elle doit retrouver sa grand-mère et pour cela, Taneh, un jeune marin, pourrait bien l’aider.

Dans La sorcière de Prince Island, l’atmosphère est sombre, mystique. On se retrouve propulsé en plein XIXème siècle, notre XIXème siècle mais agrémenté de magie. Au fil des pages, on suit les pas d’Avery, on découvre cette île qu’elle aime tant, peuplée de pêcheurs de baleines et de marins, ce monde fragile qui subsiste uniquement grâce aux sortilèges - et à l’huile de baleine. À bien des égards, Prince Island m’a rappelé l’île de Sous le signe du Scorpion : elle est sauvage, recèle de secrets et pourtant, tout le monde s’y connaît. Pour rester dans le domaine des comparaisons, la conception de la magie m’a également fait penser à celle d’Anne Rice dans La saga des sorcières (avec la lignée des sorcières Roe).

Seulement voilà, malgré son ambiance mystique qui m’a envoutée, je n’ai pas aimé La sorcière de Prince Island. Plus on avance, plus l'intrigue part à la dérive : l’auteure lance des pistes à ses lecteurs, comme des bouées à la mer, pour finalement choisir de ne pas les exploiter. Dire qu’il ne se passe rien pendant quatre cents pages serait exagéré mais à la fin, je me suis vraiment demandé à quoi servait ce roman à part de prétexte à Kendall Kulper pour exploiter des recherches qu’elle a réalisé sur la magie et les croyances au XIXème car le principal mystère de l’intrigue est totalement artificiel.

Entre une mère qui cherche à préserver son enfant en la laissant dans l’ignorance et une héroïne égoïste qui n’écoute rien ni personne, têtue comme une bourrique, il y avait des claques qui se perdaient… La sorcière de Prince Island a donc eu raison de ma patience. Même si l’univers, mêlant magie et réalité du siècle, est fascinant, il est difficile de passer outre le manque de consistance de cette intrigue stagnante.

La sorcière de Prince Island a donc été une lecture déroutante, instructive parfois, mais surtout très agaçante. Si vous aimez les romans descriptifs à ambiance ultra contemplative, La sorcière de Prince Island devrait cependant pouvoir vous intéresser…

 

La sorcière de Prince Island de Kendall Kulper
Black Moon (mars 2015), 400 pages, 16€