Dark Shadows : La malédiction d'Angélique
Entretien avec un Vampire version Claudia

Dark ShadowsAlors que Barnabas Collins retrouve une vie normale, entouré de sa famille et guérit de la malédiction qui l’a transformé en Vampire, il découvre dans les ruines du manoir familial le journal intime que tenait la sorcière Angélique, son ennemie jurée. La curiosité étant plus forte que tout, Barnabas emporte le journal avec lui… mais cette lecture pourrait bien réveiller les fantômes du passé…

S'il y a un personnage que j'avais tout particulièrement aimé, dans le film de Tim Burton, c'est bien celui d’Angélique, cette sorcière passionnée et avide de vengeance. Le lendemain, j’apprenais l’existence d’un roman paru aux éditions Michel Lafon, racontant justement les origines d’Angélique… Il ne fallait pas m’en dire plus pour que je me jette sur l’ouvrage… et quelle déception !

Bon, si je vous disais que j’avais totalement détesté, ce serait un mensonge. J’ai aimé l’ambiance mystérieuse qui se dégage des paysages de La Martinique, les sorciers et vaudous, les rituels mystiques qui font apparaître des esprits avec lesquels il est dangereux de frayer... J’ai vraiment eu l’impression de lire un roman gothique dans le sens du XIXème siècle car on retrouve ici les principales caractéristiques de ce genre : un pathos exacerbé, l’opposition entre le Bien et le Mal, le Diable qui tente de dévoyer l’innocente jeune femme pieuse, le tout sans hésiter à se perdre dans des descriptions lyriques qui certes, ne font pas avancer l’intrigue, mais sont plutôt agréables à lire. Dark Shadows, imprégné de mysticisme, de cette crainte du malin, m’a fait penser à un Entretien avec un Vampire raconté du point de vue de Claudia. J’ai beaucoup aimé cet aspect du roman.

Non, ce que j’aurais à reprocher à Dark Shadows, c’est avant tout ses longueurs, dues aux ruptures artificielles entre passé et présent. A la base prévues pour maintenir un effet de suspense (je suppose), elles ne servent strictement à rien (ou presque). Ainsi, la lecture du journal d’Angélique est régulièrement interrompue par Barnabas, à cause de Julia ou d’un autre membre de la famille Collins qui vient le déranger pour une raison futile, pile au moment où on s’interroge sur la suite des aventures d’Angélique…

De plus, j’ai parfois eu l’impression d'être prise dans une boucle spatio-temporelle, en lisant ce livre : certaines situations sont répétitives et à cause de ça, l’intrigue se traine. On a droit à quatre fois de suite la promesse d’Angélique de ne plus se servir de ses pouvoirs. Sans parler des interventions de Julia, personnage creux et insipide, qui n’apparait que pour gronder Barnabas : « Lâche ce journal tout de suite, Barnabas, ce n’est pas bon pour toi ». Plus qu’une future épouse, on dirait une mère qui gronde son enfant… et elle ne sert quasiment qu’à cela ! Bref, dès que je retournais dans le présent, je sombrais irrémédiablement dans un ennui mêlé à un agacement dû aux réactions de certains personnages. Seule Angélique réussit à avoir un semblant de charisme, au milieu de tous ces personnages aussi stéréotypés qu’inutiles…

Pourtant, Barnabas était un personnage prometteur ! Dès sa première apparition aux côtés d’Angélique, j’ai perçu un tel potentiel en lui, une prestance naturelle mêlée à une insouciance enivrante… mais hélas, la fascination a été de courte durée et tout retombe finalement comme un soufflet. J’ai eu du mal à comprendre les réactions de certains personnages, lunatiques, et la palme revient sans doute à Barnabas, à qui j’ai finalement voué une aversion toute particulière...

Finalement, Dark Shadows a été une déception pour moi. Ce n’est pas un mauvais livre, loin de là : il est bien écrit et possède une intrigue intéressante, mais finalement, il n’a pas répondu à mes attentes. Les personnages et certaines scènes, clichés, ont eu raison de ma patience.

Dark Shadows sera une série en trois tomes. Le premier roman conclue le passé d’Angélique alors que le deuxième se centrera sur le présent de Barnabas… le présent ne m’ayant que très peu intéressé dans ce premier tome, j'arrêterais cette série sans trop de regrets.

Je remercie néanmoins Babelio et les éditions Michel Lafon pour cette découverte qui m'a permis d'en savoir un peu plus sur l'univers de Dark Shadows !

Dark Shadows, tome 01 : La malédiction d'Angélique ~ Lara Parker
éditions Michel Lafon (mai 2012), 423 pages, 18€95

Les + : un style raffiné, une ambiance gothique bien souvent prenante.
Les - : des personnages auxquels il est difficile de s'attacher, des répétitions et une intrigue qui se traîne.
à conseiller à ceux... qui désirent en connaître davantage sur le personnage d'Angélique.
un avis plus positif chez : Plaisir de Lire + Babelio