Collection Shôjo addict
Vers une plus grande diversité dans le shôjo ?

Shôjo Addict Pika édition

Début du mois, Pika édition et Nobi nobi! lançaient une nouvelle collection : Shôjo addict, une collection présentée par l’éditeur comme “un nouvel élan shôjo”. Avec une identité visuelle qui se rapproche des titres de chez Akata et cette promesse d'un nouvel élan donné au genre, la barre était plutôt haute ! J'ai ainsi testé les quatre nouveaux titres proposés par l'éditeur et le bilan est plutôt mitigé...


La courtisane d’Edo de Kanoko Sakurakouji

La courtisane d'Edo tome 01 Pika édition Shôjo addict Kanoko Sakurakouji

Kanako Sakurakouji est la mangaka la plus connue de la collection. Après Black Bird et Last Notes, elle nous revient ici dans un shôjo historique : La courtisane d’Edo.

Jeune fille issue de la noblesse militaire, Akane intègre une maison close dans le quartier de Yoshiwara, suite à l’assassinat de ses parents. Elle y fait la rencontre de Sôsuke, un séduisant prêteur sur gage qui souhaiterait l’acheter…

Dans la lignée du film Geisha (même si être geisha et courtisane, ce n’est pas du tout la même chose), le sujet aurait pu se montrer intéressant si la psychologie des personnages n’était pas aussi imbuvable !

L’héroïne, censée être volontaire, n’a presque pas son mot à dire alors qu’autour d’elle, les combats de coqs entre mâles dominants se multiplient. Certes, cette ambiance serait justifiable par l’époque dans laquelle se déroule l’histoire mais on devine que le contexte historique est surtout un prétexte. Pour ne rien arranger, le héros masculin est lunatique au possible (pour ne pas dire bipolaire) et les autres personnages masculins qui gravitent autour d’Akane sont tout aussi clichés.

On saluera cependant le travail graphique de la mangaka : visuellement, les planches sont très agréables à l’œil et le souci du visuel est bien présent, avec un jeu de trames plaisant ou des étoffes aux motifs détaillés.

BILAN : l'originalité réside dans le thème abordé mais le facepalmage peut s'avérer intense quant à la psychologie des personnages...


Waiting for Spring d’Anashin

Waiting for Spring Anashin tome 01 Shôjo Addict Pika édition

Haruno peine à se faire des amis. Le seul lieu où elle se sent bien est le café dans lequel elle travaille après les cours. Mais quand elle voit y arriver les quatre joueurs de basket phares de son lycée, Haruno panique. Est-ce là la fin de son havre de paix ?

Aussi mignon qu'efficace, Waiting for Spring est la nouveauté shôjo Pika qui se démarque du trio. Certes, le scénario reste classique mais l’ensemble est cohérent et ne donne pas envie de lever les yeux au ciel toutes les dix pages !

Les personnages sont travaillés et plausibles : l’héroïne a ses faiblesses mais elles sont justifiées et même si Haruno est entourée de plusieurs beaux garçons, ceux-ci ne s’intéressent pas tous à elle (ouf !).

Les dernières pages ne manqueront pas d’intriguer… que nous réserve donc la suite ?

BILAN : Classique de bout en bout mais sympathique à la lecture !


Shinobi Quartet de Tohru Himuka

Shinobi Quartet Tohru Himuka Pika édition shôjo addict tome 1

Chôko, riche héritière, rêve d'une vie normale. Entourée de gardes du corps depuis son plus jeune âge, elle intègre l'école Mizono-O, un établissement qui forme des “shinobis". Chôko y rencontre l'étrange Tôgo, un shinobi bien décidé à devenir son futur garde du corps...

Rappelant Shinobi Life par son sujet, Shinobi Quartet surfe sur la vague des harems inversés : chaque chapitre donne à l’héroïne l’occasion de rencontrer de nouveaux Shinobis, tous prêts à devenir son garde du corps.

Heureusement, l’héroïne est un peu plus volontaire que ce qu’il n’y paraît mais il est clair que le but principal de ce shôjo est de montrer de beaux garçons combattre avec classe… Pour le reste, c’est plutôt… creux, mais d’une manière différente encore de La courtisane d’Edo : l’action est plus présente mais la structure narrative tellement éculée qu’on ne peut s’empêcher de s’ennuyer.

Si vous tentez ce manga, je vous propose un jeu à boire qui saura épicer votre lecture : videz votre verre à chaque fois qu’un personnage prononce (en criant) le nom de l’héroïne… en un tome, vous roulerez déjà sous la table !

BILAN : Originalité dans le thème des ninjas gardes du corps mais pour le reste on repassera.


Toi ma belle étoile de Lalako Kojima

Toi ma belle étoile tome 01 nobi nobi shôjo addict Lalako Kojima

Le jour de la rentrée, Shino fait la rencontre de l'étrange Ichigo Sera… c'est cette rencontre qui le pousse à s'inscrire dans le club d'astronomie de son nouveau lycée. Mais pour quelles raisons Sera est-elle si souvent absente ? Shino se fait la promesse de devenir l'ami de Sera et de l'aider à s'ouvrir au monde qui l'entoure.

Prenant pour héros un garçon (!!!), Toi ma belle étoile est un shôjo doux et mignon, à conseiller aux plus jeunes. Shino est un héros solaire, toujours prêt à aider les autres. Les lecteurs s'y attacheront sans peine et voudront connaître les différents membres du club d'astronomie !

Toi ma belle étoile soulève également le thème du harcèlement scolaire. Ce shôjo incite à aller vers les autres et n’est que positif dans les messages qu’il véhicule. Côté graphismes, on retrouve le même sentiment de douceur : le trait est rêveur et tendre. Il complète bien l’histoire.

On notera un double sens au titre de la série dont la tournure m’intrigue particulièrement et me donne envie de découvrir la suite.

Sorte de Bienvenue au club pour les plus jeunes, Toi ma belle étoile est donc un shôjo qui sort légèrement des sentiers battus, avec notamment un garçon comme héros.

BILAN : A tenter !


Pour conclure...

Toi ma belle étoile nobi nobi Shôjo Addict scan

Que dire donc de cette nouvelle collection ? Shôjo Addict propose bien à ses lecteurs du shôjo en quantité. Malheureusement, la qualité est en deçà de mes attentes. Avec ses titres Pika, Shôjo Addict ne renouvelle pas le paysage du shôjo : Waiting for Spring est sympathique mais pas inoubliable, La courtisane d’Edo et Shinobi Quartet de belles coquilles vides... Seul Toi ma belle étoile se démarque par son contenu…

Pour la fan de shôjo que je suis, le démarrage de la collection Shôjo Addict est donc en demi-teinte. A l’heure des #balancetonporc et autres mouvements revendiquant l’égalité homme-femme, on pourra déplorer le fait de trouver encore et toujours dans le paysage shôjo des oeuvres creuses. Des oeuvres dans lesquelles les héroïnes ne prennent pas réellement leur destin en main et dans lesquelles tout n'est que laudation de la figure masculine… Comme quoi, même avec les intentions les plus louables, il y a encore du chemin à faire...