Lock & Mori (tome 01)
Elementaire, ma chère Mori...

Heather B

Archétype du détective privé, Sherlock Holmes a toujours été une figure populaire : films, séries télés, romans… Sherlock continue d’inspirer, même dans le genre du roman Young Adult ! La preuve avec Lock & Mori qui propose une réécriture moderne des aventures du plus célèbre des détectives !

Et si Sherlock Holmes et son ennemie jurée, la jolie James "Mori" Moriarty, avaient été amis avant d’être rivaux ? Et s’ils s’étaient rencontrés au lycée, et appris à se connaître en tentant de résoudre de mystérieux meurtres, tous commis à Regent’s Park ?

Lock & Mori s’inscrit dans la lignée de séries telles que Sherlock ou Elementary sans pour autant réussir à les égaler. Certes, les personnages portent les noms de ceux inventés par Conan Doyle, mais ils n’en ont ni le charisme, ni les traits de caractère : Mori est une héroïne égocentrique, aux choix illogiques, dont on rappelle l’intelligence sans pour autant nous la prouver. Quant à Sherlock, il fait de la figuration et sert principalement d’amoureux transi prêt à tout pour sa belle… *soupir exaspéré* Les autres personnages ne sont guère plus intéressants, entre le père alcoolique et la meilleure amie extravertie. Seul Mycroft m’a semblé sympathique (ironique quand on sait à quel point ce personnage est antipathique chez Doyle…).

Mais que serait une réécriture de Sherlock Holmes sans une bonne enquête ? Et bien… dans Lock & Mori, l’enquête tient de l’anecdotique, servant de prétexte à la formation du couple Mori/Sherlock. Ces deux-là tombent fous amoureux en moins de cent pages et leur romance (guimauve) parasite sans cesse l’avancement de l’intrigue (qui de base n’était pas non plus passionnante, soyons honnête…).

Lock & Mori aurait pu être un roman tout juste passable, distrayant pour les moins exigeants, s'il ne souffrait pas en plus d'une traduction médiocre : phrases lourdes, expressions vieillottes (in petto, derechef, calotter, tranquille Emile (!!!)) et j’en passe… Les tics de traductions de Luc Rigoureau (Twilight) phagocytent complètement le style de Heather W. Petty et rendent la lecture pénible. Si je m’étais écoutée, j’aurais abandonné ce roman dès les soixante premières pages.

Si l’idée de base de Lock & Mori avait du potentiel, le résultat est finalement sans saveur et décevant. Les personnages sont fades et l’enquête, simpliste, se base sur de sacrés coïncidences… Quant au travail de traduction, je ne m’appesantirai pas dessus : ce sera le dernier roman traduit par Luc Rigoureau que je lirai de ma vie. Si vous êtes fans de Sherlock Holmes, fuyez et revoyez donc plutôt l’excellente série Sherlock de la BBC, ça vaut mieux.

Lock & Mori (tome 01) ~ Heather B. Petty
Hachette romans (octobre 2016), 320 pages, 16€90