Panic
"Panic began as so many things do in Carp: because it was summer, and there was nothing else to do."

Panic Lauren Oliver Black Moon Hachette

Carp. Petite ville qui respire l’ennui. Pour s’échapper de leur quotidien de misère, les adolescents du coin ont inventé Panic, un jeu aux épreuves plus dangereuses les unes que les autres. Heather ne voulait pas y participer. Mais quand elle voit son petit ami aux bras d’une autre, Heather se lance tête baissée dans cette course à l’adrénaline, malgré les avertissements de ses amis. Dodge, lui, ne joue pas pour l’argent. Il participe au jeu de la Peur par vengeance. Commence alors pour les deux jeunes gens un été qui va tout changer…

Lauren Oliver est une auteur de romans Young Adult aussi talentueuse que prolifique. Après Liesel & Po et sa saga Delirium, elle nous revient avec un tout nouveau one shot. Après lecture, le constat est amer : pour un roman qui s’intitule Panic, je n’ai pas beaucoup paniqué…

Des adolescents qui s’ennuient, des paris qui vont crescendo et qui dérapent… le synopsis n’était pas sans rappeler Addict de Jeanne Ryan. Pourtant, hormis un postulat de départ quasi identique, les deux romans empruntent des chemins radicalement différents. Si Addict était un concentré d’adrénaline, Panic, lui, se fait davantage introspectif. Le roman se partage ainsi entre le point de vue de Heather et celui de Dodge. Et même si leur vie est plutôt tragique, je dois bien avouer ne pas avoir su m’attacher à eux tant ils manquent de consistance.

Mais ce qui m’a le plus posé de problème, c’est le manque de crédibilité qui entoure Panic (le jeu). Les épreuves s’annonçaient impressionnantes, hélas, les actions sont tellement peu dépeintes qu’il est difficile de ressentir la même peur que les protagonistes. Les monologues intérieurs des personnages cassent toute viscéralité à la peur et au lieu de trembler, je suis restée une spectatrice passive, parfois agacée par des situations beaucoup trop facilement résolues. Les éliminations sont anecdotiques, quant aux personnages, ils cogitent et agissent à peine. Et je ne parle même pas de la présence presque fantômatique de la police… En résumé, les rouages de l’intrigue et la patte de l’auteur se devinent tellement facilement que le suspense n’opère pas. Ce qui est problématique quand l’intrigue repose principalement sur cette recherche de suspense et d’adrénaline.

Cependant, Lauren Oliver nous dépeint une Amérique que l’on n’a pas l’habitude de côtoyer dans les romans Young Adult. Loin du bling bling habituel et des bals de promo, les habitants de Corp respirent la misère. Ils ne sont ni gentils, ni méchants, ils essayent juste de s’en sortir avec ce qu’ils ont.

Enfin, concernant le style d’écriture, Panic nous offre quelques jolies phrases mais on s’écarte de la poésie à laquelle Lauren Oliver nous avait habitué. Ce changement est-il dû au sujet ? J’avoue avoir cru à un changement de traducteur tant il y a un fossé entre le style de Delirium et celui de Panic !

Panic me laisse donc un goût d’inachevé. Si Lauren Oliver avait définitivement de bonnes idées, elle les exploite ici avec maladresse. Avec le recul, ce n’est pourtant pas un mauvais roman. Il est juste loin d’être le meilleur roman de l’auteur.

Merci à Black Moon pour ce roman qui, même s'il m'a un peu déçu, fera le bonheur de beaucoup d'autres lecteurs ^^
Un autre avis chez Books and iced coffee.

Panic ~ Lauren Oliver
Hachette Black Moon (juin 2014), 368 pages, 18 €