Daisy, Lycéennes à Fukushima
Amour, amitié et radioactivité

Daisy - Lycéennes à Fukushima Akata Momochi Reiko

Depuis que le tsunami a frappé Fukushima, Fumi, lycéenne, n’ose plus sortir de chez elle. Entre les radiations, les problèmes économiques et les dégâts matériaux, c’est un tout nouveau quotidien qu’il lui faut appréhender ; elle doit tenter de vivre normalement alors que sa vie ne sera plus jamais la même. Faut-il partir ? Rester ? Heureusement, malgré les coups durs, Fumi peut toujours compter sur ses meilleures amies…

Présenté comme "le premier shôjo post-Fukushima", Daisy, Lycéennes à Fukushima est sans doute un des meilleurs shôjos de 2014. Vous allez peut être dire que je m’avance un peu beaucoup pourtant ce titre a été un gros coup de cœur pour moi. Daisy est un de ces livres qui vous fait voir le monde différemment et qui, même une fois refermé, continue de hanter vos pensées.

Après des shôjos frais et distrayants, on retrouve les éditions Akata avec un titre plus engagé que jamais : Daisy dépeint les conditions de vie des japonais qui habitent à proximité de la centrale, à une soixantaine de kilomètres de la zone interdite d’accès. Tout le monde ignore la portée réelle des radiations, mais surtout les dangers que celles-ci peuvent entraîner sur leur santé. On aurait pu croire lire un scénario de Science-fiction, hélas c’est la dure réalité.

Cette peur de l’incertitude est retranscrite avec beaucoup d’empathie. La mangaka explique s’être appuyée sur des témoignages de lycéens, de parents et d’enseignants et cela s’en ressent tout le long de la lecture. Les personnages inventés par Reiko Momochi sont vraisemblables et on s’attache immédiatement à ces jeunes filles qui luttent chacune à leur façon pour conserver une vie normale.

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Sans jamais sombrer dans le pathos, Reiko Momochi sensibilise ses lecteurs à un événement qui a marqué le Japon. Les lecteurs peuvent ainsi découvrir une belle histoire d’amitié tout en prenant conscience des conditions de vie de la population depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima. De la fiction à la réalité, il n’y a qu’un pas et la postface de Karyn Nishimura-Poupée, correspondante permanente de l’Agence France-Presse à Tokyo, effectue ce lien entre le manga et le quotidien des japonais.

Côté graphismes, on est à mi-chemin entre Piece et Puzzle : légers et empreints de poésie, les dessins se marient bien avec l’aspect introspectif du texte. Ils communiquent facilement aux lecteurs les sentiments que ressentent les différents personnages.

Daisy, Lycéennes à Fukushima est donc un shôjo tranche de vie actuel, intelligent et émouvant… à lire de toute urgence, surtout qu’il ne comporte que deux tomes ! Comme quoi, vous n’avez aucune excuse pour ne pas céder à la tentation !

 

Daisy, lycéennes à Fukushima ~ Reiko Momochi
éditions Akata (mai 2014), 192 pages, 6€95