A fleur de peau (tome 01 à 06)
les tourments du passage à l'âge adulte...

A Fleur de peau 01J’ai commencé A Fleur de peau par curiosité, quelque peu sceptique : si on ne me l’avait pas d’abord fortement conseillé, je crois d’ailleurs que je n’y aurais jeté tout au plus qu’un rapide coup d’œil… et étonnamment, ce shôjo manga de George Asakura s’est révélé être un coup de cœur presque immédiat, à placer aux côtés des superbes Mars, Puzzle ou Piece.

A l’âge de douze ans, Natsume travaille déjà pour une agence de mannequinat à Tokyo. Tout va bien dans le meilleur des mondes jusqu’au jour où son père décide de reprendre l’auberge familiale située à cinq heures de train de la capitale. Le choc est rude pour Natsume qui doit alors abandonner le mannequinat et la modernité de Tokyo pour redécouvrir les traditions de ce petit village dont les forêts sont encore hantées, parait-il, par les Yôkai, des esprits japonais. Un soir, alors que ses pas la guident vers un Torii sacré, Natsume fait la connaissance de Kô, un garçon qui ressemble étrangement à un Kami, une divinité sacrée des bois environnant. Commence alors entre notre héroïne et ce dernier une bien étrange relation...

A Fleur de peau 02Que ce soit par la puissance de ses graphismes ou la profondeur de son scénario, A fleur de peau est un shôjo dont, une fois commencé, il est difficile d’arrêter la lecture. Les personnages sont charismatiques et fascinants. Je pense surtout à Kô, cet énigmatique personnage qui m’a rappelé le Gin de Hotarubi no Mori he de par la finesse de ses traits. Qui est-il : simple gosse de riche excentrique ou véritable enfant béni par les Dieux ? Quoiqu’il en soit, Kô est bien plus complexe qu’il n’y parait et le lecteur, comme l’héroïne, finit par s’interroger sur cette ambigüité.

Natsume est d’ailleurs d’une maturité plaisante pour son âge : d’un abord difficile et de nature fière, pas de cruche attitude chez elle et ça fait du bien ! Elle n’en reste cependant pas moins attachante et évolue grâce à Kô. On s’enflamme vite pour ces deux personnages qui s’admirent et se déçoivent mutuellement. Leur relation en dent-de-scie rappellera à certains celle que Rei et Kira partageaient (Mars de Fuyumi Soryo).

A fleur de peau 06De tome en tome, Natsume et Kô grandissent sous nos yeux et évoluent avec le temps. A la fois forts et fragiles, il se dégage d’eux une aura merveilleuse, une aura qui les rend plausibles tout en leur conférant une dimension agréablement surréaliste. Car ce qui fait toute l’originalité du manga de George Asakura, c’est aussi l’empreinte féérique de son univers ; cette façon qu’elle a d’ajouter une tonalité fantastique ambigüe à un manga "tranche de vie". Entre adoration divine et amour, on ne sait plus vraiment ce qu’il en est des sentiments des personnages principaux.

Côté graphismes, une grande maturité se dégage des dessins de George Asakura. J’ai été bluffée par certaines de ses planches qui reflètent à merveille les émotions que tente de faire passer la mangaka : la peur ou encore la violence de certaines situations nous percutent avec d’autant plus d’intensité.

A fleur de peau extrait

A fleur de peau est donc un shôjo addictif qui réussit à surprendre tout en restant plausible. La fin du sixième tome annonce d’ailleurs un nouveau tournant dans la relation de Natsume et de Kô… Il me tarde de lire la suite de cette série qui met effectivement les nerfs à fleur de peau !

A fleur de peau (tome 01 à 06) ~ George Asakura
Akata/Delcourt