BZRK
We're all Mad, here ! I'm Mad. You're Mad.

BZRKDans un futur proche, une lutte a lieu sur Terre. Cachés aux yeux de tous, les combats ne se font plus seulement à coup d’armes et de grenades mais également à coup de "nanobots", de petits robots construits à bases des ADNs de ceux qui les contrôlent. Noah et Sadie, deux adolescents jusqu’alors étrangers à ce conflit, se retrouvent mêlés malgré eux à cette guerre dans laquelle ils peuvent perdre la raison : laisser votre adversaire vous toucher peut signifier la mort ou pire, la folie…

Présenter le corps en tant que champ de batailles peuplé de créatures fascinantes, voilà l’ambitieux projet de Michael Grant. Des personnages charismatiques, un univers original, l’idée de départ de BZRK avait de quoi séduire, pourtant, je n'ai pas su accrocher à ce roman de SF...

Ce qui m’a le plus dérangé dans ce roman n'a pas été l'univers mais plutôt le style de narration employé. N’ayant pas lu la série Gone, il se peut que Michael Grant soit coutumier du fait mais cette façon d’écrire est des plus particulières. Oscillant constamment entre le soutenu et le familier, les paragraphes se font hybrides et difficiles à suivre :

"Un peu plus, même, et il infiltrait un biobot encore vivant du champ de bataille. Quel dommage qu’il n’ait pu aller jusqu’au bout ! Burnofsky en aurait fait sa jaunisse. Et les Twins ? Il aurait eu qu’à baisser son bénard pour qu’ils lui fassent des poutous sur le cul, avec leurs saletés de bouches de monstres."

Avec ces quelques lignes, tout a été dit. J’ignore si le texte original est tout aussi étrange ou s’il s’agit d’une fantaisie de la part du traducteur qui peinait à rendre le style de Michael Grant en français mais cette façon de conter l’histoire ne m’a pas aidé à pénétrer dans l’univers complexe de BZRK.

Les protagonistes, quant à eux, sont divers : si on nous montre l’avancée des gentils (Noah, Sadie, Vincent, …), j’ai aussi aimé trouver le point de vue des méchants (Bug Man, Sugar, …). Seul petit bémol : les personnages ayant une multitude de noms/pseudos/surnoms, on finit par s’y perdre un peu et je les ai même parfois confondus, honte à moi.

Enfin, les scènes dans lesquelles les personnages principaux contrôlent leurs nanobots sont confuses à souhait, sans doute à cause du double niveau de narration : on nous dépeint ce qui se passe "dans la viande" (c'est-à-dire à l’intérieur du corps humain), avant de retourner au personnage qui contrôle le nano et qui continue à converser avec un autre interlocuteur, puis retour au nano. Vous êtes perdus ? C’est normal, moi aussi, je l’ai été. Cette façon de procéder noie le lecteur sous l’information au point de rendre la lecture totalement indigeste.

Mais je vous rassure, passé les deux cent premières pages, l’intrigue se fait plus facile à suivre, et parfois même prenante. De ce côté-là, BZRK m’a rappelé un A comme Association à l’intrigue plus adulte : Michael Grant ne vous épargnera rien, entre les morceaux de cerveaux qui giclent et les corps coupés en deux, accrochez-vous ! Même les scènes de baisers vous apparaîtront sous un jour nouveau !

BZRK est donc un roman à l’univers à la fois complexe et ambitieux. Personnellement, je suis restée hermétique à l’intrigue mais le projet était bel et bien prometteur. Dommage que l’auteur n’ait pas réussi à maintenir mon intérêt éveillé : à force d’explications floues et de changements de point de vue, il a finit par me perdre. Cependant, si vous aimez les romans de science-fiction et que vous avez le courage de vous accrocher, BZRK vous plaira certainement.

Je remercie les éditions Gallimard Jeunesse pour ce roman qui à défaut de me plaire, m’a tout de même fait réfléchir sur la fragilité du corps humain ! BZRK sera disponible en librairie dès le 20 septembre.